Carnets d’Ombrie (juste une page)

Le but avoué de ce voyage était de continuer notre exploration tranquille de l’Italie, mais aussi de retourner à Pian Grande, découvert presque par surprise l’Eté dernier. Pour aller voir les fleurs de Printemps. A ma grande surprise, même si le village de Castelluccio n’est pas bien haut, c’est comme le tout début de notre Printemps: quelques fleurettes qui poussent dans l’herbe encore grillée par le froid. D’ailleurs certaines montagnes sont encore enneigées. Les paysans sur leurs tracteurs labourent les champs (seulement en descendant, tout doucement) comme s’ils assemblaient à petits points des bouts de tissu et laissent ces traces comme des coups de pinceaux qui me plaisent tant. La terre noire est pleine de promesses, les hommes au travail sont des artistes et devant la beauté du paysage, je sais que nous reviendrons. Il y a des lieux comme ça qui vous nourrissent l’âme et le coeur.

L’estomac aussi… Nous sommes arrivés par l’autre côté (Abruzzes) et au col, nous nous sommes arrêtés pour apprécier la vue. Je suis allée papoter avec un homme qui cueillait des épinards sauvages, épinards que j’ai retrouvé un peu plus tard dans ma frittata. Sur la photo, Farrotto all’ortica… 

Abruzzo (2)

Ambiance. A moins de deux heures de Roma, un village perché, perdu dans le brouillard et la nuit alors qu’il n’est que 8 heures du soir. Nous n’y voyons rien et ne découvrirons où nous sommes que le lendemain matin. Le village a souffert du tremblement de terre de 2009 ; la tour s’est effondrée et de nombreuses rues sont envahies de contreforts ; certains bâtiments sanglés afin d’éviter qu’ils ne s’écroulent. Un Hôtel dont les chambres sont dispersées dans le village. C’est un projet novateur dans cette région désertée par les habitants, à cause de l’exode rural mais aussi des différents séismes qui s’y sont succédé. Pour pallier à l’absence de fonds publics, retaper des habitations en leur donnant un peu  du confort moderne, tout en préservant « l’arte povera » pour la déco, et en gardant aux pièces leur utilité première et la trace des ans, comme un témoignage de la richesse des vies passées là. Murs noircis, matelas sur une planche, beaucoup de marches et d’escalier, et des petites ouvertures donc peu de lumière. Ce n’est pas du goût de tout le monde mais ça nous a plu ; même si je me suis un instant demandé, avant de m’endormir, en fixant le plafond à caissons assez bas, si ça tiendrait bien encore le coup.

La Dolce vita

Très Botticelli Héloïse depuis toujours…

Une virée à Siena la première semaine, et une étape à Lucca sur la route vers notre seconde Maison de vacances. Deux villes que nous aimons tout particulièrement, faciles d’accès, à portée de pieds d’enfants, où nous avons des souvenirs et des repères. Sans autre but que de flâner dans leurs rues pour savourer l’ambiance, goûter quelques spécialités italiennes, manger un gelato. Moins de visites cette année et moins de kilomètres. Je crois bien que nos enfants connaissent chaque Duomo de Toscane… Des vacances plus reposantes.

Le Bonheur à San Miniato (7)

Tant de mûres dans les ronciers en lisières de champs, des mûres énormes au goût de bois et de campagne ; un goût un peu sauvage aussi. On a eu envie d’essayer de se faire une:

Tarte de Vacances  à San Miniato (expérimentale et faite avec les moyens du bord): mélanger dans un bol de la ricotta avec du sucre. Etaler le mélange sur une pâte brisée achetée toute prête. Poser dessus les mûres une à une et saupoudrer d’un peu de sucre. Faire cuire jusqu’à ce que ça ait l’air bon… S’il reste des mûres, on peut les écraser avec ce qu’il reste dans le bol ; c’est délicieux aussi.

Entre deux tartes aux mûres, il y a eu une part de Crostata (avec de la confiture toute fraîche) qui nous a été offerte, dans une cuisine par une jeune italienne (qui m’a aussi filé la recette). Avec les sablés posés dessus comme on aime le faire à Gênes. 

Le Bonheur à San Miniato (6)

Une vraie ferme. Du grain, du foin, de l’huile, des truffes blanches, des poules, des légumes, du fromage, du miel et la très célèbre race de vaches Chianina (celle de la Bistecca alla fiorentina, rien que ça). Des hommes au travail, dans les champs, dans les bois, au jardin et aux ruches. Vacanciers, qui nous levons tard,  nous ratons  les oeufs que l’on peut aller chercher juste sous les poules. A côté des bâtiments de la ferme, l’accueil où on peut emprunter des guides et livres sur la région, et un petit magasin avec les produits faits sur place ainsi qu’un bel assortiment de production bio des environs. On prend ce dont on a besoin et on paiera à la fin.  Sur la porte du magasin, parfois une affichette « Aujourd’hui, fromage » ou »Pain frais ». Le Boulanger de la Ferme, qui n’est pas que le boulanger (et qui a les bras entièrement tatoués), fait le Pain sur place une fois par semaine.

L’étable se révèle être aussi un haut lieu de connexion internet. Héloïse n’est pas contrainte d’aller partager le haut de la colline près de la maison avec le voisin ado anglais, qui surfe chaque jour près des piles de rondins de bois..

Le Bonheur à San Miniato (5)

En laissant un comm (élogieux et sincère) sur un site célèbre d’évaluation de structures touristiques, je suis allée voir par curiosité ce qu’écrivaient les gens qui n’avaient pas été satisfaits. J’ai souri en découvrant bien des choses qui nous avaient plu: le côté isolé et les chemins de terre défoncés, le côté vieillot des meubles de bric et de broc chinés, les barrières à ouvrir et fermer quand on rentre tard le soir. Et puis, les produits locaux sont trop chers, les piscines trop petites, et malheur, il y avait un accroc dans un drap. Il y a même des gens qui se plaignent des moustiques. Dans cette campagne, l’eau (qui provient d’un forage) a un goût métallique. Nous avions donc à notre disposition une grosse bonbonne en verre qu’il fallait aller remplir d’eau filtrée au magasin (gratuitement). Ne pas oublier l’eau. Le tri sélectif et le compost sont bien organisés. Se souvenir qu’après qu’on ait jeté, ce n’est pas terminé. Piscine, bains de soleil, machine à laver,  BBQs, jeu de pétanque et table de ping-pong à partager avec nos voisins ; le tout dans des espaces en commun. Quelle richesse, quelle chance. Nous avons aimé aussi qu’on nous offre une pleine cagette de légumes alors que nous passions au potager, que les personnes qui bossent à l’accueil (et pas que) aient toujours du temps pour discuter, être invités à voir la préparation de la Passata en famille pour toute l’année à venir (c’est toute une affaire, comme on nous l’a dit).