Marseille à l’eau salée

[Plage du Bain des Dames – Marseille]

La dernière fois, j’avais été me jeter à l’eau salée, au plus près. Dans une petite Calanque, derrière le Yachting Club de la Pointe Rouge, j’avais trouvé un rocher plat où me poser au milieu de l’eau. Cette fois ci, j’ai poussé l’exploration un peu plus loin, puisque j’avais plus de temps. J’ai trouvé! et j’y suis restée jusqu’à 19 heures 30, sous le soleil encore si haut. Imminent Summer.

Plage du Bain des Dames. Comme son nom l’indique, désuète et tranquille petite Plage de galets. Je suis allée me coller dans les rochers, un temps sur une plate-forme pour la vue, puis au plus près de l’eau, pour le côté sauvage, le clapotis clapotage  et pour n’avoir qu’à sauter à l’eau. Et recommencer. Comme un avant-goût d’Agay.

Se souvenir aujourd’hui maintenant

Taboulé Rando (comme )  : 3 verres de semoule et autant d’eau salée – une boite de thon – un oignon rouge – un petit pot de poivrons rôtis à l’huile – le jus de 2 citrons – plein de persil

On a décidé, en ce soir de Juin,  de donner du frais et du croquant à la recette, parce qu’il fait si chaud… , en y ajoutant des radis roses.

Encore une de ces Recettes souvenir qui me fera dire « C’était bien mais Encore! » aujourd’hui maintenant.

 

Le Bonheur à San Miniato (2)

Nous sommes logés sur une Exploitation agricole Bio: 500 hectares à découvrir. A l’arrivée, on nous a remis une carte de la propriété, avec des trajets indiqués en couleur: 11 balades en tout, de longueur et de difficultés variées pour explorer les champs, les collines, les truffières, les falaises de sable, les bois… en passant près des étangs, des ruines, des coins à fossiles, en traversant parfois les enclos des vaches, en ouvrant et en refermant des Gates numérotés (barrières) dont nous avions les clefs. Au dos de la carte, quelques recommandations et les espèces que nous pouvions rencontrer. Un coin à gibier ; c’est bien pour cela que j’avais choisi cet endroit. Alors on avance sans faire de bruit, en essayant de faire silence. Nous avons vu des biches, des chevreuils (de très près!), des daims, des sangliers et leurs marcassins (tout près de la maison, à l’heure de l’apéro, puis un gros mâle à 20 mètres mais derrière une clôture), des faisans, des lièvres et un bébé raton laveur (pas vu de porc-épic, juste trouvé des épines)… Une ou deux balades par jour, avec toute la famille à l’affût.

Apprendre encore un peu

Le dernier jour à Cagliari, j’ai lancé un plan B (comme Benetton) pour celles qui voudraient zapper le Museum archéologique. Apprendre l’Italie encore un peu. L., une de mes compagnes de route, s’est commandé une Glace à l’amande chez Stefino. Je me suis pris des olives et des coeurs d’artichauts au supermarché, que j’ai mangé, tout en continuant à me balader. Plaisir de se promener en ville un samedi en fin d’après-midi. Les Italiens, toujours sur leur 31, font les boutiques, boivent des Spritz en terrasse et on sent chez les plus Jeunes, doucement mais sûrement monter la Fête… 

Le lendemain, 6 heures, j’attendais le taxi pour l’aéroport dans le hall de l’hôtel quand il y a eu un début d’incendie. Fumée et jeune Erasmus en panique. Le gars de l’accueil en panique aussi, est parti avec l’Erasmus en panique, vers les étages, m’interdisant de bouger. J’ai donc accueilli et rassuré tous ceux qui descendaient inquiets, en tenue plus ou moins acceptable, dans le vacarme de l’alarme. Il faut croire que je devais avoir la tête de celle qui savait. En fait, j’étais surtout la seule personne habillée.

A Cagliari, j’aurais aimé me faire une vraie pause le temps d’une vraie nuit. Ne plus penser à rien, juste être bien. Me faire du bien mais sans bouger d’un lit. Histoire de prendre des forces pour la suite. Parce que faut pas croire, je suis pas plus forte qu’une autre. Sauf que je me la ramène.

10 (autres) trucs que j’ai aimé en Sardaigne

La gentillesse des gens… qui sortent de chez eux pour vous demander d’où vous venez, qui écoutent vraiment la réponse et qui ensuite, vous souhaitent le meilleur. Dans la Pampa, le Pharmacien vous aide à choisir le meilleur pansement, et puis après, il vous serre la main. 2. Dans la Pampa, j’ai rencontré R., peut-être bien 90 ans, Maréchal des Carabinieri, spécialiste des empreintes digitales, qui ne boit que du lait et avec qui j’ai parlé d’Amour. Enfin… d’hommes et de femmes. 3. Dans la Pampa, j’ai mangé les meilleurs pizzas de toute ma vie, avec une pâte tellement fine, qu’on pouvait goûter encore et encore toutes les sortes qui se présentaient sans caler. Encore! 4. Et bu de la Grappa au miel à ne jamais vouloir s’arrêter. Même si la gnôle nationale, c’est le Filu e ferru, qu’on appelle comme ça parce qu’on la planque en ne laissant qu’un fil de fer dépasser. 5. J’ai aimé quand le guide a dit avec un air SARDonique, à un croisement sur le chemin: « Vous pouvez tous mettre une pierre sur ce cairn, comme ça, Agathe la prochaine fois quand elle passera, peut-être qu’elle ne se perdra pas. 6. Et apprendre à gérer le problème des pieds blancs dans les sandales en post-randonnée: « C’est tout simple. T’as qu’à faire comme moi, tu te les laves pas. » 7. J’ai aimé trouver du fromage à la coupe que je pouvais manger et appris que le Parmesan stagionato 30 mese pareil ça le faisait! 8. Et voir des asperges sauvages au supermarché. Aucun autre pays ne propose en libre service autant de vert. 9. J’ai aimé ce Pays, et je me suis dit qu’il me le rendait bien. Le 10. demain.

Encore un peu (2)

Le sable est doux et nous sommes comme des gosses enfin lâchés en liberté. Derrière la Dune, il y a la Mer. Enfin, après un bon kilomètre. Ce qui nous laisse le temps de nous habituer au Bleu. Je la regarde sur la carte depuis des semaines: Piscinas, Costa Verde. Il paraît que quand le projet est long, il importe de célébrer chaque étape. C’est exactement ce que j’ai fait, en me jetant au Sel. L’eau est parfaite, et comme c’est bon après cinq jours de marche de sentir le corps se laisser porter. Nous avions ensuite Quartier libre jusqu’à 15 heures Rendez-vous au Parking, alors je suis restée là sur le sable, dans le soleil, toute seule, à profiter de chaque minute qui m’était donnée. Et puis, je me suis rhabillée vite fait, et je me suis tracé, toujours pieds nus, débrayée, extatique. Je suis tombée sur un Italien, Alessandro, qui en 5 minutes top chrono, m’a demandé qui j’étais, ce que je faisais, où j’allais, m’a pris les mains pour me donner les coquillages qu’il avait ramassé, m’a demandé deux fois mon numéro de téléphone, m’a invité à passer l’Eté dans sa maison à 25 kilomètres de là, m’a dit qu’il m’emmènerait à la plage etc… et enfin… a essayé de m’embrasser. Ahhh les Italiens! J’ai hésité à lui faire ce geste des deux mains que m’a appris ma Prof d’Italien, qui veut dire à un homme Dégage! à associer à un regard qui tue. Après tout, je suis là aussi pour mettre en pratique ce que j’ai appris en cours. Je lui ai souri, je lui ai dit qu’il était Bellissimo e molto gentile mais que j’avais Rendez-vous au Parking avec un fourgon pour m’emmener à la Gare, direction Cagliari, et que j’avais pas intérêt à le rater. J’ai filé.

Encore un peu

A l’Agriturismo, botte de paille confortable qui attend des jours meilleurs. Il faudra revenir. Entre autres, pour voir si la petite Matilda (un an) comme l’appelle sa Maman, qui s’appelle pourtant Matilde comme l’a voulu son Papa, a su concilier sérieux et simplicité / L’herbe des prés est encore baignée de rosée, c’est le dernier matin et je soupire / Site minier abandonné déserté fracassé et pourtant tant de délicatesse dans les quelques maisons laissées en l’état. J’ai toujours aimé les villages fantôme, qui parlent encore alors que tout le monde a fui. Ces cicatrices, dont certains disent qu’elles défigurent la Sardaigne, sont pourtant les marques qui prouvent qu’on a vécu (et survécu). Vécu autrement / Peu importent les panneaux, viser la Mer et les dunes / Et vraiment très bizarrement, passer des champs d’oliviers à la garenne. Me revoilà enfant. Je ne sais plus où je suis (encore) / Il y a des joncs, il y a de l’eau, et à nouveau, il y a du vert / Jusque dans nos gamelles. Pâtes au Pesto roquette, me voilà dans ma cuisine. C’est notre repas familial de base. D’ailleurs sur mon quart, il y a trois de mes quatre enfants (tous Scouts). J’ai cru m’étouffer en déchiffrant leurs noms presque effacés mais tenaces parce qu’écrits au marker. De l’air! De l’air! Et puis, je me suis dit qu’ils étaient, et j’ai plissé un peu les yeux. Peut-être bien que j’ai souri / J’ai viré mes pompes de randonnée et je les ai nouées à mon sac ; ça c’est toujours un grand moment. J’ai fait la grimace en marchant un peu vite sur le lit d’épines de pin, avec mes pieds tendres de Printemps que l’Eté n’a pas encore endurci  / Derrière la Dune, il y a la Mer.