Abruzzo (4)

Retour sur le Campo Imperatore avec un arrêt en route à la Rocca Calascio, son vieux village abandonné, le château et la Chapelle comme au bout du monde. Mais le bout du monde,  c’est plus tard, à l’intersection qui nous aurait permis de poursuivre notre éxploration du plateau (en fait c’est une haute-plaine), la route fermée à cause de la neige. Nous nous garons et marchons un peu. Après avoir vu trois ou quatre voitures conduites par des autochtones monter sur le talus pour contourner les barrières, nous décidons de faire de même. Nous trouverons bien le bout du bout du Monde après avoir roulé une vingtaine de minutes ; à la fin entre des congères de plusieurs mètres de haut. Soudain, à la sortie d’un virage, la route disparait… sous 4 mètres de neige. Mais nous sommes au bout du Campo Imperatore et il n’y a plus qu’à l’admirer, en repartant d’où nous sommes venus.

Carnets d’Ombrie (juste une page)

Le but avoué de ce voyage était de continuer notre exploration tranquille de l’Italie, mais aussi de retourner à Pian Grande, découvert presque par surprise l’Eté dernier. Pour aller voir les fleurs de Printemps. A ma grande surprise, même si le village de Castelluccio n’est pas bien haut, c’est comme le tout début de notre Printemps: quelques fleurettes qui poussent dans l’herbe encore grillée par le froid. D’ailleurs certaines montagnes sont encore enneigées. Les paysans sur leurs tracteurs labourent les champs (seulement en descendant, tout doucement) comme s’ils assemblaient à petits points des bouts de tissu et laissent ces traces comme des coups de pinceaux qui me plaisent tant. La terre noire est pleine de promesses, les hommes au travail sont des artistes et devant la beauté du paysage, je sais que nous reviendrons. Il y a des lieux comme ça qui vous nourrissent l’âme et le coeur.

L’estomac aussi… Nous sommes arrivés par l’autre côté (Abruzzes) et au col, nous nous sommes arrêtés pour apprécier la vue. Je suis allée papoter avec un homme qui cueillait des épinards sauvages, épinards que j’ai retrouvé un peu plus tard dans ma frittata. Sur la photo, Farrotto all’ortica…