La toute première Calanque

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[Niolon] Jamais je n’avais vu ce coin de Côte bleue dans le gris. La Mer était grise, le ciel aussi, d’un gris très pâle, presque blanc. Pas assez de temps pour une randonnée. Juste assez de temps pour longer un peu la voie ferrée et dévaler le ravin jusqu’à la toute première Calanque. L’eau était presque tiède, et je n’ai eu aucun mal à y entrer. C’est quand j’en suis sortie que j’ai eu froid même si ma logistique Bain de mer Hors saison va en s’améliorant. J’avais emporté des chaussettes de laine, deux serviettes, et j’ai mangé bien chaud ; des lentilles vertes avec de gros morceaux de Pancetta bien salée et poivrée.

Rando à l’eau salée – Et après?

[La Calanque verte] Une rando décidée à l’arrache… Ma Copine de Rando est comme moi, prête à oublier en un instant ce qu’elle peut faire plus tard, pour un peu de temps condensé en minutes d’éternité. Un peu de temps volé au temps qui passe. C’est si beau, si sauvage, si surprenant à chaque fois. L’eau est verteS, le chemin aussi, bordé de Cactus, de figuiers et de Pins parasols. Il y a degun. Non, il y a ce gars, assis sur un rocher, qui m’arrête et me dit qu’il m’a déjà vue ici, même si on ne s’était pas parlé. Oui, je m’en souviendrais. Je me souviens de chaque rencontre, parce qu’elles me font de l’effet. Aujourd’hui, ce n’est pas tant ce qu’on s’est dit, que lui. Avec sa gueule abimée et sa très grande gentillesse. Le fond de l’air est doux mais il y a ce petit vent frais qui me fait hésiter un peu. Ma Copine de Rando a sorti une bière de son Sac, à partager. L’eau est bonne passé le premier trempage d’orteil. Deux couches de Sel sur ma peau. Après la première baignade, j’ai mis plus d’une demi-heure à me réchauffer, avec pull en laine, sweat, polaire, soupe à la mâche, pâtes au Pesto, sardines à l’huile, thé, chocolat, Speculoos. Et puis, je me suis endormie. Après le deuxième bain, alors que le vent était tombé, j’ai bronzé parfaitement bien. De ces randonnées, je garde le goût du Sel et du parler vrai, quand les mots importent moins que les regards.

Rando à l’eau salée ( chacune à son rythme c’est bien)

C’était bien de partir très tôt, avec dans nos Sacs à dos, nos Cours et nos sardines. Nous avons déposé Adèle au Volley, et je suis restée le temps de voir un Match, qu’elle a gagné, avec une très jolie série de services ; et puis, nous avons retrouvé ma Copine de Rando, à 15 minutes de là, à 10h30 pile, sur le Parking. Elle est arrivée en même temps que nous: the right Timing. J’ai suivi le chemin presque en courant parce que j’avais besoin d’eau salée, celle qui trempe le tee-shirt. J’avais besoin de sentir mon coeur battre, et mes jambes me porter. Il est aussi question de se sentir forte. Héloïse a suivi le sentier tout doucement, les écouteurs sur les oreilles. Elle a refait dix fois ses lacets, a regardé voler les criquets, s’est un peu perdue, et a fini par arriver, un peu après ma Copine de rando. Je leur avais préparé un peu de plage, parce que c’est meilleur partagé. L’eau était plus fraiche que la semaine passée mais bonne quand même, le ciel aussi bleu et les rencontres toutes autres. Il y a eu une dernière baignade, la quatrième, encore meilleure que les précédentes, dans la dernière Calanque, la petite Calanque aux eaux vertes, et puis, nous avons filé, en écoutant toujours la même musique, très fort, encore et encore, direction le Gymnase. Adèle était fière d’elle, et moi, j’étais pleine de Sel.

Rando à l’eau salée toute seule (pas vraiment toute seule en fait)

[l’Erevine] Ce matin, il fallait avoir la Foi pour décider d’aller voir, quand même, si derrière le Massif du Rove, qui avait disparu dans le Brouillard, et la route avec, il n’y avait pas quand même un peu de soleil. J’ai vu tout à coup le Grand Bleu, et ça m’a presque fait mal aux yeux. Il y a moins de 15 minutes en voiture entre le Gymnase où Adèle jouera régulièrement au Volley cette année et le parking au départ de la Randonnée vers ma Calanque préférée. J’y vois un Signe. Ou plutôt, un Appel??? Tout est bon pour retourner dans cet endroit là.

Il y a cette femme au début de la Rondonnée, qui soupire en se trainant sur le chemin, sans doute entrainée par des amis (qui lui veulent du Bien): « Mais quel est le But de cette journée??? » …ça m’a laissée perplexe. Toutes les journées ou les randonnées doivent-elles avoir un but précis, autre que juste ne pas avoir de but précis justement? Suivre le Chemin, se laisser porter, se laisser guider. Et puis voilà.

Je suis arrivée presque la première et dans la Calanque, il n’y avait qu’un groupe de quelques personnes collée en bas de la falaise à l’ombre. Je suis allée directement vers ce que je cherchais: une bande de sable où me poser (un but? je disais?). Il n’y en avait qu’une juste de la taille de ma serviette, à l’exact opposé. C’est resté tranquille pendant une heure, puis un tas de gens sont arrivés, et c’était bizarre d’avoir réussi à choper le seul endroit confortable où dormir, alors qu’une soixantaine de personnes était assise sur les cailloux, ronds et doux mais des cailloux. Une jeune fille, en partant, n’a pas pu s’empêcher de me dire: « Vous avez chopé la meilleure place. » (Ben oui…) et quand son petit ami m’a demandé ce que j’étudiais, je leur ai expliqué ce que je faisais, et il m’a dit: « Bonne chance! » (Merci).

L’eau était tiède, avec plein de vagues, comme un jacuzzi géant et le soleil d’Octobre chauffe encore bien.  Trois longues baignades dans cette eau au bleu si particulier, teinté de tant de souvenirs, d’émotions, et de remerciements en tous genres. Quand ce groupe de personnes avec qui j’avais partagé un peu de l’intimité de la Calanque, est parti, ils m’ont fait de grands signes de la falaise. J’ai sorti les pieds de l’eau et levé les pouces au Ciel.

Je n’ai pas résisté à me jeter dans l’eau de la dernière Calanque avant de repartir ; une baignade très courte comme un baiser volé. Alors que je partais vraiment, tout juste rhabillée à la va-vite, à ceux qui me demandaient si elle était bonne, et qui regardaient mes cheveux dégoulinants d’un air amusé…, j’ai répondu qu’elle était bien-sûr plus chaude qu’avant l’Eté, et que j’en avais profité toute la journée, et que j’étais triste de partir (quand même…). Un peu plus loin, à la même question de cette Dame qui me demandait l’autorisation sans me demander Puisqu’elle est si bonne, si elle pourrait éventuellement se baigner nue, vu qu’elle n’avait pas pris son maillot, et si vu son âge, ça le faisait. Je lui ai répondu: « Jeune ou vieux tout le monde s’en tape. Faites vous donc plaisir. » (ce ne sont pas évidemment nos propos exacts). Elle m’a dit: « D’accord alors je vais le faire. » J’espère qu’elle l’a fait.

Comment apprendre à d’autres comment se lancer sur un chemin, comment se laisser guider, ou comment faire exactement ce dont ils ont envie, j’y réfléchis.

Je suis arrivée au Gymnase pas très présentable: cheveux emmêlés, short et polo trempés ; et même si je suis restée une heure, Adèle n’a plus joué. Mais elle a passé une très bonne journée. Moi aussi.